Moui... c'est vrai, aprés mûre réflexion, c'est vrai, j'avoue j'ai fais le con... Mais faut me comprendre un peu à moi, je suis pas habitué à ce qu'on m'aime. Alors... Alors ça me surprends toujours, cette petite attention passagère. Je sais pas ce qui m'a pris de rencontrer cette demoiselle, mais toujours est-il que tout a changé dans ma vie, comme si brusquement le soleil était rentré et ne voulait plus en sortir!
Oui j'ai fais le con, mais on 6 milliards à se les glander sur terre déjà, alors je vois pas pourquoi je devrais me culpabiliser quand même. Parce qu'au départ c'est elle qui est venue me ballarder toutes ses émotions, sa vie, ses angoisses, ses espérances, et tout, et tout. Oui, c'est elle qui m'a chauffé en premier alors ne me demandez pas la suite, je peux rien à toute cette histoire!
Elle est venue, on a discuté jusqu'à 6 heures du matin le premier soir, c'est vous dire si on avait des choses à se dire! Puis pendant une semaine elle m'a saoulé! Tous les soirs, ça n'arrêtais pas. Faut dire que moi aussi j'y étais pour quelque chose, je l'aimais bien ce petit bout de femme. Comment ça? Ah, mais c'est qu'elle en a dans le bide quand même! Non je ne vous permettrais pas de dire du mal d'elle, même si demain ça doit être terminé, non monsieur vous risquez de prendre mon 46 fillette dans votre jolie derrière.
Comment ça s'est fait? C'est bien là le problème, c'est qu'il ne s'est rien passé!
A la fin de la première semaine elle est venue chez moi, dans ma ville. Euh... oui ça s'est fait aussi rapidement que ça, pourquoi? Bon... Le soir où elle est venue, j'avais tout préparé, tout. Même un imprévu qui arriva à la dernière minute. Oui, celui chez qui elle devait dormir le soir l'a planté, mais que voulez-vous, ça arrive, non? Non elle ne l'a pas fait exprés, elle avait plutôt l'air embarrassée, tout comme moi. Mais bon, le sentiment qui m'a animé depuis le premier soir m'avait poussé à faire un ménage chez moi, que je n'avais encore jamais fait! Si c'est propre chez moi, toujours, mais là j'avais mis le paquet, sans même imaginer une seule seconde qu'on finirait par se retrouver chez moi. Bref, on a passé une superbe soirée, on a même allumé 48 bougies, c'était du délire total!
Ensuite s'est posé la question de dormir, et j'avoue que j'avais un peu honte de lui proposer la petite chauffeuse, parce que je n'avais même pas un vrai lit pour moi, vous comprenez? Et à admettre qu'on aurait dormit dans le même lit, je crois que je n'aurais pas pu dormir. Je suis tellement turbulent au lit, et puis j'ai besoin d'espace, et je n'ai jamais fait l'amour, et... Oui, oui, reprenons.
Le lendemain ça aurait pu être mieux, mais j'ai passé un aprés-midi de rêve.
Non nous n'avons rien fait, qu'y avait-il à faire un dimanche aprés-midi?
Je l'ai raccompagné, et c'est là que je me suis dis que quelque chose avait changé. Docteur, je ne suis plus le même depuis ce jour-là. J'ai fais des choses que jamais je n'aurais pu faire d'habitude.
Au début, je me suis dis que ça passerait, mais je pense encore à elle. J'aimerais pouvoir la protéger, la soutenir, l'aider, la comprendre plus, la connaître plus, l'embrasser, lui faire l'amour...Oui j'aimerais beaucoup de choses... L'ennuie c'est que les jours ont passé, et nous avons de moins en moins communiqué. Disons que je suis allé la voir chez elle, dans son pays, et franchement, j'aurais été dans la même situation sans elle j'aurais passé un véritable aprés-midi de merde. Elle ne m'a pas laisser d'occasion, c'est une femme sans pitié. Non, pas par méchanceté, mais peut être par méfiance, ou pour être certaine de mes intentions? Toujours est-il que je suis resté con. Ah ça pour être bien j'étais bien, mais alors je suis resté con...
Bah j'ai pris mon train pour rentrer chez moi. Oui je sais c'est bête, mais qu'aurait-il fallu que je fasse? J'aime bien que les choses soient bien faites et... oui mais je voulais pas, vous comprenez? Ca fait égoïste de réagir comme ça. Et puis je suis pas sûr que ça aurait pu marcher, franchement je vous le dis, c'était pas le bon moment.
Ca on va oublier, parce que je suis pas sûr que ce soit vraiment interessant. Je suis partis sur un coup de tête, juste à cause d'un rêve, c'était nul, je regrette pas de l'avoir fait, mais j'ai des remords d'avoir fait ce rêve, c'était tellement stupide.
Je me suis tellement trompé, j'ai tellement appris la nature humaine, sa méchanceté liée à son ignorance, que mon esprit ne veut plus croire en rien. Il veut juste vivre en paix, construire son petit château, et puis c'est tout. Je ne sais pas faire autrement, je suis trop bête pour être comme tout le monde, le sourire aux lèvres, la volonté quand ça me chante... je sais pas fermer les yeux sur l'injustice, sur l'ignorance, sur tout un tas de chose qui font que lorsque je me lève le matin j'ai des fois les larmes aux yeux en regardant le même gachis dehors, dans mon quartier. Ces même gens bercés dans leur ignorance, et quelque part je n'arrive pas à me dire que quelqu'un m'attends pour fonder une famille, tout simplement parce que je n'y crois pas, parce que je ne suis pas ingorant, parce que je refuse d'être rabaissé à l'état d'esclave dans lequel nous sommes tous assujettis tous les jours. Et conserver mon esprit libre est parfois difficile. Parce que quand je me concentre à la véracité et l'importance des choses qui me construisent, j'en oublie des fois les petites attentions, ou même, et c'est peut être ça le plus grâve, l'amour qu'on peut me porter. J'ai tellement été aveuglé par mes sentiments en amour, que je ne parviens plus à voir les gens qui m'aiment. Vraiment, tout cela n'est pas si triste que ça, c'est juste que ça m'handicape un peu, de savoir qu'on est sur le même radeau, et qu'on arrive pas à se partager le savoir comme il se doit.
Je vais bientôt partir à l'armée, et je ne sais pas si je reverrais certaines personnes. Et surtout si cette femme comprend mon choix, à supposer que... ma première expérience a été la honte d'aimer quelqu'un. Alors j'essai de comprendre. Je sais que ma vie a changé, que j'ai beaucoup plus d'assurance, mais que ce n'est pas encore suffisant. Je sais que je ne pourrais pas m'arrêter d'écrire, tout simplement parce que je suis érivain au départ. Je sais que le sacrifice est grand, mais qu'il en vaut la peine.