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puce En dehors de tout (le 24/02/2007 à 19h37)

Je n'ai jamais été bon dans ce que je faisais, tout simplement parce que c'était mon coeur qui s'exprimait. Ce que j'ai toujours fait c'est m'exprimer, par tous les moyens, dans toute circonstance.

 

S'il y a un moyen simplede gagner sa vie, c'est celui d'emprunter un chemin tout fais. Mais on ne gagne pas vraiment sa vie, on gagne plutôt une sécurité: celle de ressembler à tout le monde.

Il m'a toujours reproché de faire ce qu'il n'avait jamais fait par peur de perdre sa sécurité, de ne pas ressembler aux autres; par crainte d'être lui-même et personne d'autre.

Lorsque j'étais petit on me demandais souvent, comme à beaucoup d'enfants: "qu'est-ce que tu voudras faire quand tu seras grand?"

Quelque chose de grand. N'est-on pas censé faire de grandes choses lorsque l'on est grand?

Au fil du temps que je grandissais, je me suis rendu compte que finallement beaucoup de grands ne faisaient que de petites choses. Et lorsque ma mère s'angoissa de mon avenir parce qu'elle m'avait fait croire à ce mensonge jusqu'à mes 16ans, je suis tombé de haut en me disant qu'il allait falloir faire de petites choses pour vivre finallement. Mais que voulez-vous, les grandes personnes sont comme ça: elles font croire des choses aux enfants qui ne sont pas vraies. Les enfants n'ont pas besoin de mensonges, ils ont besoin de rêves, de vrais rêves, des choses qu'ils pourraient réaliser un jour lorsqu'ils seront grands.

Alors a commencé dans ma vie un entêtement endiablé dans les choses grandes que je voulais faire, et que j'avais déjà commencé à faire trés tôt. C'est alors que j'ai compris qu'en plus de devoir faire de petites choses, il allait falloir commencer à se battre pour continuer à faire ces petites choses.

Ma déroute était grande, tout comme le mensonge.

Je me rappelle mamère m'expliquant que "papy" était parti. Parti? Parti où?...

Il est décédé. Parti au Paradis.

"Il est mort, il n'existe plus en fait."

Oui mais il ne faut pas le dire à ta grand-mère.

Pourquoi la vérité n'était-elle jamais bonne à dire?

Si les grands ne disaient pas la vérité, comment les petits pouvaient-ils continuer à leur faire confiance une fois qu'ils deviendraient grands?

Dubitatif, j'assemblais ces ignominies humaines dans mon esprit, les retournais et les méditais. Mais c'était sans savoir que cette mauvaise nourriture allait me torturer l'esprit jusqu'à me pousser à ne plus pouvoir croire en personne, et par conséquent à douter de moi. En dehors de tout, j'errais dans l'absolu vide de ma conscience, là où j'avais tout détruit: ce que le monde me racontais, ce que le monde m'avait appris de lui: tout.

Alors j'ai cherché, j'ai cherché cette vérité, ce secret dont j'avais pris conscience petit. Cette chose dont je n'avais fait qu'entendre parler au milieu de ces mensonges infâmes, cette chose qui aurait pu être l'équation que je m'imaginais de l'univers, cette alchimie divine qui me torturait l'âme et le coeur depuis ma naissance n'était rien d'autre que l'amour.

J'ai découvert en premier un amour altruiste, celui des autres, et ce trés tôt, car je cherchais ce que je ne trouvais pas dans ma famille. Il m'a fait rencontrer mes semblables sans condition, sans préjugé, avec ce puissant sentiment de compassion.

Ensuite, aprés ma période de destruction et de désenchantement profond, j'ai senti l'amour propre se réveiller en moi, celui qui embellit notre vie du bonheur qu'il nous procure et nous fait donner aux autres. A ce moment de ma vie je n'attendais plus rien en retour, je remerciais simplement les quelques précieuses intenses rencontres qui m'avaient sauvé à différents point de mon chemin, et n'espérait plus rien. J'étais en dehors de tout, mais surtout au bout du chemin où plus rien ne pouvait se produire. J'étais comme assit sur une pierre en contemplant les étoiles la nuit, regardant où était la mienne, et me disant qu'elle était belle malgrés les épreuves du temps.

Et puis mon regard a croisé une étoile filante, qui aurait pu continuer à filer sans s'arrêter. Et le temps s'est arrêté, et tout a basculé, elle aussi était belle, elle aussi avait traversé des épreuves. Un renouvellement s'est produit. Comme un nouveau chemin se tracait désormais devant moi par cette étrange rencontre,je décidais de poursuivre ma route, tout en faisant attention de bien regarder ce nouveau paysage qui fleurissait àchacun de mes pas, car il n'y en avait qu'un comme celui-là qui pouvait autant me charmer par son étrangeté, sa fragilité, mais aussi une familiarité singulière, comme si nos étoiles avaient longtemps essayé de communiquer dans leur voyages respectifs, sans jamais pouvoir vraiment se rencontrer.

Alors oui, sur ce chemin il n'y a que ce bout de femme qui n'attendais rien comme moi, qui parle vrai, d'un amour vrai, et sans condition.

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